Aurelio Dos Santos, bouée de sauvetage

Le coordinateur de l’équipe 4 000 Sud de la Fondation Feu Vert remet les jeunes sur les rails.

Aurelio Dos Santos

Photo : Virginie Salot

Étienne* était dans une mauvaise passe le jour où il a rencontré Aurelio. En 3e au collège Georges-Politzer, l’adolescent était rattrapé par ses difficultés familiales. Un père absent, des allers-retours tous les jours à l’hôtel social à Bondy, une petite sœur à prendre en charge. Une fois le lien de confiance établi, Aurelio aide le jeune homme à trouver sa voie. Ce sera le lycée hôtelier François-Rabelais à Dugny. Un an plus tard, le poids des soucis familiaux contraignent Étienne à jeter l’éponge. Mais l’adolescent ne perd pas contact avec Aurelio qui fait office de père de substitution. Aujourd’hui en bac pro hôtellerie, il a remonté la pente. Des jeunes comme Étienne, l’éducateur spécialisé de 52 ans en accompagne des dizaines depuis cinq ans à La Courneuve. Aujourd’hui il est coordinateur de l’équipe de prévention spécialisée des 4 000 Sud pour le compte de la Fondation Jeunesse Feu Vert. Sa mission consiste à restaurer le lien social avec des jeunes en voie de marginalisation. « Il faut du temps pour établir des relations de confiance avec eux, confie le Sarcellois de naissance. On fait un travail en amont pour déceler leurs forces et leurs faiblesses. On s’appuiera sur leur potentiel pour co-construire un projet avec eux. Les éducateurs ne sont pas là pour critiquer les jeunes, il faut faire preuve de bienveillance mais aussi les valoriser pour qu’ils franchissent les étapes dans les périodes de doute ». La vocation sociale d’Aurelio remonte aux années 1980 : « Beaucoup d’amis sont morts d’overdose ou du sida à Sarcelles. Je voulais aider les toxicomanes qui étaient considérés comme perdus. En fait, les gens ne le sont jamais vraiment, il faut juste attendre le déclic, le bon moment pour les aider à s’en sortir ». Cette dizaine d’années passée à accompagner les toxicomanes dans des centres de cure et de post-cure lui ont appris à être patient et humble : « Il faut se satisfaire de petites victoires parmi un grand nombre de déceptions, savoir accepter les échecs des jeunes, car c’est à travers les échecs qu’ils apprennent ». Et se construisent pour rebondir…

Julien Moschetti

* Le prénom a été modifié pour des raisons de confidentialité.

Publié dans Regards, le journal de La Courneuve, le 28 mars 2013

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