Boxer la danse

Les danseuses de Full dancing de l’association Tempo participeront à un concours de chorégraphie en février prochain.

Imperceptiblement, les corps se délient, s’étirent, se réveillent, ressuscités par les mélopées célestes du groupe Dead Can Dance*. Comme des persiennes qui s’ouvrent, les mains se détachent des yeux des danseuses. Les silhouettes s’allongent, s’élèvent, s’affirment sur les roulements de tambour de Pon De Floor (Major Lazer). Le chant va-t-en-guerre de Beyoncé – Run The World (Girls) – sonnera l’heure de la révolte. Le regard noir, les danseuses entament une chorégraphie d’un autre monde pour impressionner l’ennemi invisible. Une succession de pas de danse et d’enchaînements de boxe qui n’est pas rappeler le célèbre haka des All blacks. En février prochain, les danseuses de Full dancing de m’association Tempo représenteront La Courneuve aux championnats départementaux de PGA (Production Gymnique et Artistique).

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Photo : Thierry Mamberti

Tout démarre il y a quelques années lors d’un voyage aux Etats-Unis. La professeur de danse, Salima Bitout, découvre alors le Tae Bo, une discipline sportive mélangeant boxe, taekwondo et fitness. A son retour en France, l’ex danseuse de modern jazz intègre les mouvements du Tae Bo dans ses cours de fitness : « Tous les mouvements de jambe et de bras sont devenus des coups de poing, de genou ou de pied. Mais la partie danse me manquait. J’ai donc crée des chorégraphies pour le Tae Bo. J’ai deux passions dans la vie : la danse et la boxe thaï. J’ai crée le Full dancing il y a 4 ans pour réunir les deux. »

Quelques années plus tard, l’adhésion des danseuses est totale. A l’instar de Céline, 34 ans, qui a découvert le Full dancing il y a deux ans, lors d’une démonstration au Centre Culturel : « J’ai eu un flash. J’ai tout de suite décidé de m’inscrire. C’est le mélange des genres qui m’a plu. Ce n’est pas du fitness, ce n’est pas de la danse, ce n’est pas de la boxe non plus. On travaille les muscles et on travaille les coups en s’amusant grâce à la danse. » C’est justement le côté fun de la « danse » qui a plu à Catherine, 51 ans, une autre danseuse de Full dancing. « Les mouvements des sports de combat sont répétitifs, c’est toujours la même chose. Avec le Full dancing, les mouvements de danse varient en permanence. Depuis que j’ai découvert ce sport, je sais que je ne pourrai plus faire d’un sport de combat à 100 %. »

Julien Moschetti

* Mythique groupe britannico-australien fusionnant cold wave et musiques d’inspiration liturgiques et médiévales aux sonorités incantatoires.

Publié dans Regards, le journal de la Courneuve, le 20 décembre 2012.

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