Musiques plurielles

Le festival Banlieues Bleues invite Michel Portal, Vincent Peirani et Paolo Angeli Solo, le 11 avril au centre culturel Jean-Houdremont.

Trente ans déjà que Banlieues Bleues explore les recoins les plus décoiffants de la production mondiale actuelle, en conjuguant les formes les plus diverses du jazz, mais aussi les musiques afro-américaines qui s’en inspirent : soul, funk, rhythm and blues, hip hop, néo-funk, néo-soul. Chaque année, ce festival de musique de notoriété internationale invite la crème des musiciens actuels dans une dizaine de villes de Seine-Saint-Denis. On ne compte plus les légendes passées par Banlieues Bleues : Miles Davis, Nina Simone, Dizzy Gillespie, Ray Charles, B.B. King, Chuck Berry, Sonny Rollins, Stan Getz, Michel Petrucciani ou Archie Shepp à La Courneuve. « Mais on ne vient pas à Banlieues Bleues uniquement pour les grands noms, souligne Xavier Lemettre, directeur du festival. On y découvre aussi les futurs talents, pas encore connus du grand public et qui seront peut-être les classiques de demain. L’idée du festival, c’est que les meilleurs musiciens actuels viennent jouer là où les gens habitent, sur le pas de leur porte, et non pas à Paris. » Le 11 avril au centre culturel, les Courneuviens auront en effet la chance d’assister au concert de Michel Portal. Le célèbre clarinettiste et saxophoniste français a répondu à l’invitation de Vincent Peirani, l’enfant terrible de l’accordéon contemporain, récompensé en 2003 par le premier prix d’orchestre au prestigieux concours de la Défense pour son duo avec Vincent Lê Quang.

VINCENT PEIRANI @ Sylvain Gripoix

Photo : Sylvain Gripoix

Son album Thrill Box, prévu pour ce printemps, consacre un artiste tout-terrain capable de jongler avec toutes les nuances de l’arc-en-ciel stylistique. En première partie, l’homme orchestre Paolo Angeli sortira sa guitare sarde à dix-huit cordes aux allures de violoncelle, avec ses martelets, pédaliers et autres hélices. Le Sarde s’est fait le chantre d’un folklore imaginaire stupéfiant, dit-on, de beauté vénéneuse. La ligne de conduite de Banlieues Bleues est toujours la même : transmettre l’esprit d’ouverture d’une musique profondément artisanale et humaine, une musique qui transcende les chapelles, les étiquettes et les clichés pour accoucher de découvertes d’un autre monde. « La programmation du festival est en phase avec l’effervescence de la musique actuelle, souligne Xavier Lemettre. La musique se renouvelle énormément en ce moment. Les musiciens circulent entre tous les genres, les générations se mélangent, de nouvelles habitudes sont en train de naître. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut avoir une énorme culture musicale pour l’apprécier. » Experts ou béotiens, férus ou amateurs, personne ne repartira déçu.

Julien Moschetti

Publié dans Regards, le journal de La Courneuve, le 28 mars 2013

Laisser un commentaire