Dany Carré, le poète des seniors

Depuis son arrivée à Marcel-Paul en 2011, ce jeune retraité a renoué avec ses amours de jeunesse : la poésie et la chanson.

« Un vent doux traverse les pièces / D’un sourire à l’autre il court / Tous les visages qu’il caresse / T’adressent un joyeux bonjour ». Sous la plume de Dany, la maison Marcel-Paul a des faux airs de jardin d’Eden. Intitulé Une porte vitrée, le poème de ce retraité de 61 ans résonne comme un vibrant hommage au temple des seniors courneuviens. « Ce n’était pourtant pas évident au début, confie Dany. Je suis un peu timide. Mais l’animatrice Sandrine Chatillon m’a tout de suite tombé mis à l’aise. Tout le personnel a été sympa avec moi. » Un an et demi plus tard, ses semaines sont désormais rythmées par les activités de sa maison d’adoption: ping-pong le lundi et vendredi, pétanque le mardi et vendredi, tarot le jeudi, sans compter les ateliers archéologiques, les sorties et les séjours seniors. «Marcel-Paul a pris beaucoup de place dans ma vie, confie Dany, une lueur enfantine dans les yeux. Quand je travaillais, je n’avais pas d’agenda. Depuis que je pratique ces activités, je ne peux plus me passer d’agenda !  Ma femme me dit : « Tu t’occupes du jardin de temps en temps ? »

Si Dany a tendance à délaisser son jardin, c’est en effet parce qu’il consacre du temps à cultiver son jardin intérieur à Marcel-Paul. « Depuis que je suis à la retraite, j’ai peu de nouvelles de mes anciens collègues de travail. J’ai retrouvé ici une solidarité, une fraternité qu’on ne trouve pas toujours en bas de son immeuble. J’ai l’impression de vivre une deuxième vie ici. ». Un sentiment de renaissance que l’on retrouve quand on survole d’autres passages du poème Une porte vitrée. A l’instar ces vers empreints de bonheur : « Tous les gens qui sont ici / Dans leur cœur ne sont pas vieux / Il te suffit de les voir / Jouer, danser et puis rire / Et ne jamais concevoir / La vie sans ses doux plaisirs. »  Cette ode à la joie de vivre n’est pas sans rappeler Le temps qui reste de Serge Reggiani*. Aujourd’hui transformé en chanson, le poème de Dany est en passe de devenir l’hymne de Marcel-Paul. Notre jeune retraité ne rate d’ailleurs pas une occasion (repas de Noël, banquet des seniors, thé dansant) de sortir sa guitare. « Quand j’étais jeune, j’écrivais des poèmes que l’on jouait dans mon groupe de rock. Une fois marié, j’ai laissé tombé la guitare. Mais, depuis que je suis à Marcel-Paul, j’ai repris mes activités de jeunesse. » C’est ce qu’on appelle retrouver une deuxième jeunesse.

* « Je l’aime tant, le temps qui reste… / Je veux rire, courir, pleurer, parler / Et voir, et croire / Et boire, danser… »

Julien Moschetti

Publié dans Regards, le journal de La Courneuve, le 17 janvier 2013.

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