Ferhad Firdous, graine de champion du barreau

L’étudiant en droit participait à la finale du concours de plaidoirie et d’éloquence de Paris XIII Villetaneuse.

Vendredi 11 mars. Noyé dans son ample robe noire de procureur général, Ferhad prête une oreille attentive aux plaidoiries des deux finalistes de 1re année. Quart de finaliste du concours national l’année dernière, ce jeune Courneuvien de 20 ans, d’origine pakistanaise, atteignait la finale de sa fac pour la deuxième année consécutive. « Je compte passer le concours du barreau, mais il faut un bon carnet d’adresses pour devenir avocat. Il y avait tous les ténors du barreau en finale nationale du concours l’année dernière. Le lauréat remporte un stage dans un grand cabinet d’avocats américain. Ça ouvre des portes ». À quelques minutes de son entrée en scène, l’étudiant semble empreint du calme de la sérénité. Quand vient son tour de passer à la barre, l’apparente désinvolture et le sourire malicieux font place à un regard de boxeur prêt à rentrer sur le ring. L’homme vient de rentrer dans la peau de son personnage de procureur. Le discours est fluide, la diction irréprochable, l’articulation soignée. Les brusques changements de rythme et les variations d’intonation captent l’attention du jury. Signe de son audace, il jette ses feuilles de plaidoirie par terre pour terminer son réquisitoire en roue libre. Au tour de l’avocat de la défense de faire étalage de son exceptionnelle éloquence. À la surprise générale, le droit de réponse du procureur est refusé par le jury. « Pourquoi il n’y a pas de droit de réponse ? J’avais tout misé là-dessus ! C’est scandaleux ! », déplore notre Courneuvien. Convaincu de pouvoir faire plier le destin grâce à son sens de la persuasion et sa volonté de fer, il plaide un droit de réponse auprès des organisateurs. Trop tard. Le verdict tombe. Ferhad ne sera pas lauréat cette année. Lui est reproché notamment d’avoir laissé tomber par terre ses feuilles. « Quand il s’engage dans un projet, il s’y consacre jusqu’au bout, avec passion. C’est quelqu’un de sûr de lui, un peu trop parfois. C’est peut-être à cause de ça qu’il a perdu le concours », glisse Alexandre, son copain de promo. Le coup de bluff n’aura pas marché cette fois-ci. Mais l’assurance et la force de caractère de ce brillant jeune homme sont, à n’en pas douter, les gages d’une belle carrière.

Julien Moschetti

Publié dans Regards, le journal de La Courneuve, le 24 mars 2011.

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