Grand Frère du « Tié-quar »

Le dessinateur Berthet One rencontrait les jeunes de La Courneuve, le 12 octobre, pour lancer le projet Bandapart.

«Génial ! Délire ! Ça va super vite ! » s’émerveillent les ados de l’espace jeunesse du centre-ville. Leurs yeux médusés scrutent la mine de crayon de Berthet One valser sur la feuille de dessin, esquisser à toute vitesse les personnages de l’histoire qu’ils viennent d’imaginer. Le projet Bandapart est né pour faire découvrir aux jeunes l’univers de la BD et de l’édition à travers des ateliers, des sorties ( salon du livre de Montreuil ) et des séjours ( le festival de la BD d’Angoulême ou le musée de la BD de Bruxelles ). Ordre du jour, construire le scénario d’une planche de BD pour illustrer la toute nouvelle plaquette de communication du service Jeunesse. Aux ados de trouver la trame de l’histoire, d’inventer les dialogues. À Berthet One de transformer les idées en BD. Une demi-heure plus tôt, l’artiste a tenu à se présenter : « J’ai grandi dans le quartier, j’ai été condamné à 10 ans de prison. Le truc important, ce n’est ni la prison ni le dessin, c’est que j’ai réussi à me refaire alors que j’étais grave en galère. Beaucoup de jeunes des cités pensent que les galeries ne sont pas faites pour eux. Mais ce n’est pas le talent qui compte, c’est le travail et la persévérance. Faut avoir la force de montrer son travail. À nous d’inverser la tendance, de prendre la vie à bras le corps pour effacer les préjugés. »

Atelier-Jeunes-Berthet©VS

Photo : Virginie Salot

Langage mimétique, codes communs, origines courneuviennes. Les jeunes s’identifient, s’imaginent à sa place, sur le chemin de la réussite artistique. « Berthet One, c’est quelqu’un de simple, de normal. Il ne fait pas sa star, assure Rafik, 15 ans, l’un des 9 jeunes présents cet après-midi là. Il a réussi à rebondir même s’il a fait des conneries dans le passé. Cela montre que tout le monde peut réussir. Il suffit juste d’avoir de la force de caractère. » Visiblement, le message est passé. Berthet One évoque sa collaboration avec Fouad, le photographe du rappeur Sefyu lorsque son téléphone sonne. El Diablo à l’appareil, le créateur de la série Les lascards. Le carnet d’adresses, le coup de crayon magique, la BD et l’exposition renforcent les propos du dessinateur. Le rêve est à portée de main, en face d’eux, devant eux. Le génie, ça s’apprend. Le succès, ça se travaille. Et pourquoi pas eux ?

Julien Moschetti

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