Interview croisée Yom & Wang Li

Composé du Français Yom et du Chinois Wang Li, le duo sera en concert, le 6 décembre, à La Courneuve. Interview croisée.

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Regards : Racontez-nous votre rencontre…
Yom : À l’époque, je faisais de la musique juive traditionnelle d’Europe de l’Est. Je me disais que ça serait complètement improbable d’insérer une guimbarde. Wang Li faisait son solo à l’auditorium du quai Branly. Je suis allé le voir, à la fin de son concert, pour qu’on travaille ensemble. Il était plutôt méfiant en me voyant arriver…
Wang Li : Pourquoi j’étais méfiant ? Parce qu’il avait un pistolet dans la main ! Nous sommes très différents tous les deux, mais j’apprends beaucoup de ces différences. Dans la vie, on se rapproche toujours des gens qui nous ressemblent, mais on apprend plus de choses avec nos ennemis que nos amis. Je ne dis pas que c’est mon ennemi, mais…
Y. : Ça me fait penser à un proverbe yiddish qui dit : « Avec des amis pareils, on n’a pas besoin d’ennemis » ! On a une culture, un vécu, un caractère complètement différents. Wong Li est une force de la nature, calme. Moi, c’est plus l’électrocardiogramme d’un mec en train de faire un infarctus !

R. : Quel est votre héritage musical ?
W.L. : Je suis une goutte d’eau dans un océan. Je donne l’impression que je suis quelqu’un qui invente beaucoup de choses, de nouveaux sons, de nouvelles façons de jouer… Mais je n’ai rien inventé.
Y. : Wang Li est d’une telle modestie que je vais passer pour un gros connard ! Quand il est tout seul, il dit : « J’ai tout inventé dans la musique » ! J’ai commencé la clarinette en écoutant de la musique klezmer d’Europe centrale et d’Europe de l’Est. Depuis mon album hommage à Naftule Brandwein (2008), un pionnier du genre dans les années 1920 à New York, je suis sorti de cette musique traditionnelle.

R. : Qu’est-ce qui vous fascine, chacun, dans la manière de jouer de l’autre ?
W.L. : Yom est connu pour sa puissance de souffle, son énergie énorme. Il a un côté Dragon Ball Z™ avec ses superpouvoirs !
Y. : Je trouve incroyable sa capacité à créer un univers très imagé, qui raconte une histoire immédiatement. Il y a ce côté très poétique qui rappelle les steppes de l’Asie centrale et, en même temps, un côté viril. Sur le plan technique, il dégage une grosse énergie, comparable à celle de la musique électronique. En live, il y a des moments où on a l’impression d’être en rave party.

Propos recueillis par Julien Moschetti

Publié dans Regards le 24 novembre 2011.

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