PSA : et après ?

Salariés chez PSA, à Aulnay-sous-Bois, des dizaines de Courneuviens sont concernés par la fermeture éventuelle du site. Panorama des perspectives d’avenir, à la suite des conclusions du rapport Sartorius.

C’est un peu comme si les dés étaient déjà jetés. Un sentiment d’impuissance, un parfum de résignation flottent dans l’atmosphère depuis l’annonce de la fermeture du site de production d’Aulnay-sous-Bois en 2014. « Honnêtement, on est sans illusions sur la fermeture de l’usine. La question, c’est surtout ce qu’on va devenir après. Pas trop pour moi, parce que je suis près de la retraite. Mais surtout pour les collègues de 40 à 50 ans. Ça va être dur, pour eux, de se recaser », déclarait début septembre à l’AFP Michel Giancatarina, 57 ans, employé à Aulnay-sous-Bois depuis vingt ans.

Différentes pistes de reconversion du site

Depuis quelques semaines, les rumeurs de reconversion du site vont bon train. Les regards se tournent vers l’avenir, comme si tout le monde cherchait à accélérer le temps pour éclipser les blessures du présent. Plusieurs journaux ont déjà leur idée sur la question. Le 12 juillet dernier, le jour même de l’annonce de fermeture, Le Parisien évoquait deux pistes de reconversion du site : la construction d’une grande concession automobile, regroupement de succursales Citroën et Peugeot existantes, ou la transformation du site en plate-forme logistique, via sa filiale Gefco. Seul gros hic, et pas des moindres : l’emploi. L’option concessionnaire consisterait, en effet, à transférer des emplois déjà existants sur le site d’Aulnay. Soit, au final, zéro création d’emploi. Le projet de plate-forme logistique aurait pour conséquence « 1 500 personnes sur le carreau, et sans doute pas plus de 300 postes maintenus à Aulnay », selon la déléguée du SIA (Syndicat indépendant de l’automobile). Fort de ce constat, le journal Challenges imaginait, fin juillet, d’autres idées de mutation du site. Première piste : la transformation de l’usine en bureaux, commerces ou logements, à l’instar des anciens ports de Marseille, qui accueilleront bientôt des commerces et des restaurants, ou de l’ancien quartier industriel de la soie, à Lyon, qui devrait voir pousser des logements et des bureaux en 2015.

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Photo : Jesper2cv

Autre option évoquée par Challenges : la réhabilitation du site en musées et bâtiments à vocation culturelle, comme le Tate Modern de Londres ou La Sucrière à Lyon. Contactée par Regards, la mairie d’Aulnay se dit opposée à une reconversion culturelle du site, susceptible de faire double emploi avec d’autres projets culturels ( Créa*, Tour Médicis de Clichy-Montfermeil ). Les deux priorités de la mairie d’Aulnay ? Préserver le maximum d’emplois et garder la vocation industrielle du site. Et, si possible, empêcher PSA, qui avait bénéficié en 2009 de prêts de l’État, de profiter de la construction d’une gare du Grand Paris pour réaliser une grosse plus-value foncière. Dans un communiqué daté du 4 septembre, Gérard Ségura, le maire d’Aulnay-sous-Bois, préconisait « une solution à dominante « transports », qui combine le maintien de la filière automobile, l’accueil des ateliers de maintenance des rames du Grand Paris et le développement des métiers de l’aéronautique ». Des métiers qui devraient trouver « un point d’ancrage idéal entre deux aéroports à vocation internationale, dans un département par ailleurs leader dans ce domaine ». Pour faire pression sur PSA, la mairie votait, le 13 septembre, la mise en place d’un périmètre d’études, afin de bloquer les permis de construire sur le site pour une durée maximale de trois ans.

Julien Moschetti

* Centre d’éveil artistique d’Aulnay-sous-Bois, avec pratique vocale et scénique, créations d’opéras, théâtre musical, actions pédagogiques.

Publié dans Regards, le journal de La Courneuve, le 13 septembre 2012

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