Miroir, mon beau miroir

Un atelier CV vidéo organisé par Mozaïk RH* avait lieu le 13 septembre à la Pépinière d’entreprise.

« Tu gardes les pieds bien plantés dans le sol. Tu fixes un point sur la caméra et tu souris en pensant à ton plat préféré ». Le « chef op » livre ses derniers conseils. Dans quelques instants, Somia passera devant la caméra pour enregistrer son discours articulé en plusieurs paragraphes : identité et formation, expériences en adéquation avec le poste recherché, atouts et conclusion. A ses côtés dans le studio, la recruteuse du cabinet Mozaïk RH qui accompagne la jeune femme de 26 ans durant les deux journées d’atelier. Des bénévoles sont également présents, à l’instar de Christophe, détenteur d’une double compétence informatique et RH. Somia se lance pour enregistrer le premier paragraphe. « Moins rapide dans le débit tout en gardant la pêche. Le recruteur a besoin de digérer l’info, sinon, il ne t’écoutera pas, » conseille la recruteuse patentée. Les prises se succèdent, le débit ralentit, la gestuelle et le sourire sont de plus en plus naturels. Avant-dernière prise un peu trop dynamique : «  Un peu plus de douceur. C’est limite agressif. Reste toi-même, sinon le recruteur risque de se dire que ce n’est pas la même personne en entretien. »

CV-Video©VS

Photo : Virginie Salot

Pour Noémie Grignon, chargée de mission chez Mozaïk RH, le CV vidéo permet de « se valoriser en montrant ses qualités plutôt que de cacher son identité. Les recruteurs ont tendance à classer les jeunes de banlieue dans une image figée. On leur montre des candidats adaptés au monde de l’emploi. Quand on entend un candidat s’exprimer clairement devant la caméra, cela renvoie une image de lui plus convaincante. Cela rassure les recruteurs qui n’auraient peut-être pas osé les convoquer pour un entretien. » D’après elle, l’atelier CV vidéo aurait donc un « effet booster sur la confiance et le moral des candidats. » A écouter Somia à l’issue de la session tournage, on se dit qu’on n’est pas loin de la vérité : « Durant la rédaction du texte, j’avais du mal à parler de moi, à me mettre en avant. Je disais « on » au lieu de « je ». Mais, devant la caméra, j’étais bien préparé et j’étais vraiment moi-même, comme lorsque que j’ai vraiment envie de quelque chose. » Et si l’effet miroir de la caméra apprenait aux candidats à s’aimer comme ils sont ?

Julien Moschetti

* cabinet de recrutement et de conseil en Ressources Humaines spécialisé dans la promotion de l’égalité des chances et de la diversité.

Publié dans Regards, le journal de La Courneuve, le 29 septembre 2011.

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