Parents, ça s’apprend aussi

Confrontés à la précarité ou la contrainte de la monoparentalité, nombreux sont les parents qui ont besoin d’accompagnement.

Le sourire aux lèvres empreint de reconnaissance, Jeeva, revient sur les progrès de son fils âgé de 3 ans et 2 mois. Depuis qu’ils fréquentent tous les deux l’accueil parents-enfants du Relais petite enfance, il est moins dissipé, plus attentif, plus obéissant. « Il a arrêté de peindre les murs de la maison. Quand il prend un objet, il le repose à sa place maintenant. Il a aussi appris à dire merci, sans qu’on ait besoin de lui demander 3 ou 4 fois. » Mais c’est en français que les résultats sont les plus spectaculaires pour cette famille tamoule, ce qui rejaillit sur la relation parents-enfants. « C’est devenu un jeu entre nous de parler français à la maison. Quand je prononce mal, mon fils me reprend et me montre la bonne prononciation. »Un apprentissage linguistique et culturel qui facilite l’intégration et l’autonomie de ces familles dont la plupart sont déjà confrontées à la précarité.

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Photo : CG 94

Pour Djamila Mabrouki, responsable du relais petite-enfance, les problèmes d’emploi et de logement sont les deux soucis majeurs qui complexifient l’exercice de la parentalité : « 90 % des parents qui viennent nous voir sont des femmes dont le mari travaille 24h/24. Elles restent isolées chez elles car elles ne parlent pas très bien français. Il y a aussi les problèmes de logement, à l’instar de cette famille qui vit à cinq dans un 40 m2 ». Nadia et sa fille de 18 mois, d’origine ukrainienne, ont profité de cette bouffée d’oxygène pour sortir de leur isolement. « Ma fille ne connaissait pas d’enfants de son âge et restait seule à la maison. Ici, elle a fait connaissance d’autres enfants pendant que je rencontrais des familles. Désormais, c’est plus facile d’aller chez les gens car ma fille est moins timorée ». Et quand ce n’est pas l’accueil parents-enfants, ce sont les assistantes maternelles qui prennent le relais, toute la journée, pour permettre aux parents de concilier vie professionnelle et vie privée. Une bouée de sauvetage nécessaire pour ces familles qui cumulent difficultés culturelles, sociales et économiques.

Julien Moschetti

Publié le 9 février 2011 dans Regards, le journal de La Courneuve.

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