Piano à bouches

Le Centre culturel accueille l’étincelant Napoleon Maddox pour un hommage atypique à Nina Simone dans le cadre du festival Banlieues Bleues.

English: Napoleon Maddox with "Hamid Drak...

English: Napoleon Maddox with « Hamid Drake & Bindu », 05 Feb. 2010, Mira (Italie) Français : Napoleon Maddox avec « Hamid Drake & Bindu », 05 Fev. 2010, Mira (Italie) (Photo credit: Wikipedia)

L’homme a le sens du groove de « The Roots », la verve poétique de Saul Williams, la fibre militante de Public Enemy. Digne représentant d’un hip-hop expérimental teinté d’influences jazzy, l’Américain Napoleon Maddox casse les frontières des genres musicaux pour mieux laisser cours à une créativité débordante. Beat-boxer, rappeur, chanteur, leader du groupe de hip-hop acoustique « Is What ? ! » auteur de trois albums, cet artiste éclectique et touche-à-tout est aussi à l’aise sur scène aux côtés de pointures hip-hop ( Public Enemy, KRS-One, The Roots ) que de monuments du jazz ( Archie Shepp, Bojan Z, Magic Malik, Hamid Drake, Roy Nathanson ). Son instrument favori, les cordes vocales : boite à rythmes, boîte à vers poétiques, boîte à mélodies. De quoi rendre jaloux Razhel « himself », l’illustre beat-boxer de « The Roots ». Son dernier défi, un hommage à Nina Simone. En compagnie de Sophia Domancich, pianiste de renom de la scène de l’improvisation française et européenne, et Bellatrix & The Boxette, virtuoses anglaises du beat-box, il revisite le répertoire de la grande prêtresse de la soul, s’approprie ses hymnes, les déconstruit pour mieux les faire revivre. Intitulée A Riot Called Nina, la création avait fait fureur l’année dernière au festival Jazz à la Villette. Un concert mémorable où les textes originaux et les morceaux phares de la diva ( Mississippi God damn, Young Gifter and Black, Four Women, Don’t Let Me Be Misunderstood ) étaient réinventées à chaque instant. Un unique instrument ( le piano ), des samples, des voix, et des virtuoses du beat-box ( Bellatrix, championne du monde beat-box 2010 et, bien sûr, Napoleon Maddox ). Une formation atypique pour un hommage inclassable placé sous le signe de l’improvisation. Pour sa 28e édition, le festival Banlieues Bleues a gâté La Courneuve.

Julien Moschetti

Publié dans Regards, le journal de La Courneuve, le 10 mars 2011.

Laisser un commentaire