Tony Karino, le touche-à-tout

Le rappeur de 21 ans, amoureux de La Courneuve, est un artiste complet.

Comment pourriez-vous définir votre style musical ? « Je ne définis pas mon univers, car définir, c’est limiter ». Gueule d’ange et cerveau bien rempli, Tony Karino a le sens de la répartie, le goût des belles formules, l’amour des mots justes. Il refuse les étiquettes pour mieux multiplier les casquettes… et mieux brouiller les pistes. Depuis le jour où il a franchi à l’âge de 15 ans les portes de l’espace jeunesse Guy-Môquet pour enregistrer ses premiers textes de hip hop, Tony a appris à composer, enregistrer, mixer, chanter… Il a même assisté Jean-Claude Goldschmit dans la mise en scène du spectacle Ma Courneuve. « Tony a une vision large de son art. C’est un garçon d’une ténacité remarquable, avec une faculté de travail extraordinaire. Il est généreux, patient, respectueux de l’autre ». Né au Blanc-Mesnil, le rappeur habite au Bourget depuis 12 ans. Mais sa ville de cœur reste La Courneuve : « J’ai plus d’amis à La Courneuve que chez moi. Je suis imprégné de la ville. Quoi qu’il se passe, je continuerai à aimer la ville et à la défendre comme si j’y étais né ». En 2006, il rejoint le collectif Skwere avec d’autres jeunes de Guy-Môquet ( Pesoa, Mongo, Ol Steel… ). Suivra une 1re mixtape en mars dernier. Une 2e est prévue pour 2011. Sa référence absolue dans le hip hop, Oxmo Puccino. « Parce qu’il est incontesté dans le monde du hip hop et qu’il fait ce qu’il aime : du rap, de la variété en passant par le jazz ». Le gangsta rap empreint de revendications, ce n’est pas son truc : « quand tu cries trop, à un moment donné, on ne t’écoute plus. Le jour où t’as un truc à dire, on ne t’écoute pas. Ma seule revendication, c’est l’accès à la culture, pour que tout le monde puisse tout écouter, tout entendre, tout lire ». Ses multiples activités artistiques ne l’empêchent pas de poursuivre des études en parallèle. Un bac S en poche, il a suivi une formation d’ingénieur du son durant deux ans avant de s’inscrire en licence AEI ( Administration échanges internationaux) pour « apprendre le business. J’ai appris à chanter, je vais maintenant apprendre à compter. Je n’ai pas envie que ce soient les autres qui comptent pour moi. Je dois connaître tous les maillons de la chaîne pour que personne ne puisse me la faire à l’envers ». C’est ce qui s’appelle avoir du plomb dans la tête.

Julien Moschetti

Publié 16/12/2010 dans Regards, le journal de La Courneuve.

 

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