Un peu d’art dans ce monde de béton

Le Centre culturel Jean-Houdremont accueillait le 19 décembre dernier à La Courneuve un forum sur les projets artistiques accompagnant la rénovation urbaine à Plaine Commune.

Pour rompre avec le côté terre-à-terre de la rénovation urbaine, le plasticien Yo-Yo Gonthier a promené dans les rues de Saint-Denis un ballon dirigeable de huit mètres de long en forme de nuage sur lequel les habitants avaient brodé des messages d’espoir. À Villetaneuse, la metteuse en scène Sarah Harper a planté sa caravane dans les friches abandonnées pour donner naissance à des jardins éphémères. À Pierrefitte-sur-Seine, Armand Julien et Yao Metsoko ont impliqué les citoyens dans la fabrication de trois sculptures pour remplacer une grande fresque en mosaïque victime des travaux de rénovation urbaine.

Tous ces artistes étaient présents le 20 décembre avec les autres acteurs du territoire (élus, bailleurs, urbanistes, services culturels des villes, etc.) pour débattre sur leurs pratiques respectives et mettre en place des synergies sur le territoire de Plaine Commune. Sujet d’actualité puisque la communauté d’agglomération sera labellisée territoire de la culture et de la création  fin janvier. Pour Patrick Braouezec, le président de Plaine Commune, cela signifie que « la culture devra irriguer l’ensemble des compétences de la communauté d’agglomération pour faciliter la cohésion sociale et impliquer le citoyen dans la vie de la cité ». Et d’ajouter : « Quand on démolit une barre dans une cité, c’est une partie de la mémoire collective qui disparaît. Il faut donc mettre en place des pratiques artistiques pour accompagner la population dans son travail de deuil. »

Derrière chaque chantier de rénovation urbaine se cache, en effet, un traumatisme subi. C’est la raison pour laquelle la metteuse en scène Sarah Harper propose aux habitants « de planter des graines mais aussi des idées » dans sa caravane. Une manière originale de « poétiser les espaces publics, de leur redonner du sens » pour que les habitants se les réapproprient. Une démarche poétique porteuse de sens que l’on retrouve dans le travail du plasticien Yo-Yo Gonthier qui désirait « transporter les idées et les rêves des habitants » sur son ballon dirigeable pour « accorder de l’importance à leurs paroles ». À condition « de passer d’une démocratie participative à une démocratie contributive » concluait Anthony Russel, conseiller municipal de La Courneuve.

Julien Moschetti

Publié dans Regards, le journal de La Courneuve, le 16 janvier 2014.

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