De l’espoir à la réussite

Le plus vieux lycée de La Courneuve, Jacques-Brel, fêtait ses 30 ans d’existence le 28 mai dernier. L’occasion de revenir sur les clefs de sa réussite.

De nombreux anciens élèves avaient tenu à faire le déplacement pour célébrer les 30 ans du plus vieux lycée courneuvien : Jacques-Brel. L’établissement intercommunal (La Courneuve, Dugny et Le Bourget) a en effet été inauguré le 25 février 1984 en présence de Jack Ralite, le ministre de l’Emploi d’alors. « Il n’y avait pas beaucoup de lycées en banlieue à l’époque, se souvient James Marson, l’ancien maire de la Ville. Les plupart des Courneuviens étaient contraints de poursuivre leurs études dans des lycées parisiens. Mais le nombre de places était restreint. » L’ouverture d’une l’annexe du lycée Condorcet à Aubervilliers (aujourd’hui le lycée Henri-Wallon, ndlr) et la construction de Jacques-Brel dans les années 1980 offriront de nouvelles perspectives d’études aux jeunes du département.

30 ans lycée J. Brel

Photo : Virginie Salot

Trente ans plus tard, les résultats sont au rendez-vous : 89 % de réussite au bac S, 82 % en ES, 79 % en L en 2013. « Le premier proviseur du lycée, Madame Leurs, disait vouloir faire de Jacques-Brel le Janson-de-Sailly du 93 », se souvient Stéphane Troussel, président du conseil général et ancien élève. Les professeurs étaient très engagés. C’est en partie grâce à Jacques-Brel que je suis devenu ce que je suis aujourd’hui. ». Des propos confirmés par le proviseur Christine Thiebaut qui loue « l’implication et l’accompagnement des professeurs », tout en précisant que le lycée « est ouvert tous les soirs de 18h à 20h, mais aussi durant les vacances scolaires ».

Des horaires d’ouverture sur mesure mis à profit par « des professeurs volontaires qui nous poussaient toujours à sortir du cadre académique »,  se rappelle Seyfeddinne Cherraben, délégué à l’aménagement de la ville, et ancien élève de Jacques-Brel. « On créait des partis politiques fictifs lors des cours d’éducation physique, le prof de maths nous amenait au musée. Ça participait à renforcer notre ouverture d’esprit ». A la manière des Cordées de la réussite, ces partenariats tissés entre les lycées des quartiers prioritaires et des établissements de l’enseignement supérieur qui introduisent une plus grande équité sociale dans l’accès aux formations d’excellence.

« Il y a avait un petit côté cocoon »

A titre d’exemple, Jacques-Brel a noué un partenariat depuis 2001 avec Sciences Po et l’université Paris-Dauphine. Deux heures de cours supplémentaires par semaine le mercredi après-midi pour préparer Sciences Po. Résultat : neuf élèves admissibles cette année. Une performance de taille qui en dit long sur la qualité de l’enseignement et la soif de réussite des élèves du lycée Jacques-Brel. Mais aussi « la qualité de la relation élèves-professeurs, selon Jacqueline Petron, la documentaliste à la retraite depuis 2011. On arrivait toujours à communiquer, même quand on n’était pas d’accord. On avait l’impression de ramer dans le même sens. » Ce qui faisait dire Seyfeddinne Cherraben, le jour de l’anniversaire : « Jacques-Brel, c’était une atmosphère unique. On se sentait comme à la maison. Il y a avait un petit côté cocoon ». Un climat scolaire positif propice au bien-être des élèves, et donc, à leur réussite.

Julien Moschetti

Publié dans Regards, le journal de La Courneuve, le 5 juin 2014.

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