Film is not dead

En partenariat avec L’Abominable, le laboratoire cinématographique dédié à l’argentique, six cinéastes présentent leurs courts et moyens métrages à L’Étoile, le 1er novembre. Une autre manière de faire du cinéma.

De passage à La Courneuve dans le cadre d’un séminaire organisé par L’Abominable, six inconditionnels de la pellicule venus des quatre coins du monde (États-Unis, Canada, Hollande…) dévoileront leurs ovnis cinématographiques à L’Étoile. Chose rare, quatre projecteurs 16 mm seront installés dans la salle pour l’occasion. Le point commun de ces réalisateurs ? Ils fabriquent eux-mêmes leurs pellicules. Une démarche à contre-courant du passage à l’ère du tout numérique de l’industrie cinématographique, qui menace de remettre en cause la fabrication industrielle des pellicules. Symbole de cet avenir inscrit en pointillés, les difficultés financières de Kodak, le géant de la pellicule photographique. Mais il en fallait plus pour décourager ces adeptes du film qui ont décidé de tout faire par eux-mêmes, sans se préoccuper des rebondissements économiques de ce secteur.

abominable

Une image de « Konrad & Kurfurst » d’Esther Urlus

À l’instar de L’Abominable installé à La Courneuve depuis 2011, une vingtaine de labos dans le monde met aujourd’hui à disposition de ces cinéastes des outils pour travailler les supports du cinéma argentique (super-huit, 16 mm et 35 mm). Les réalisateurs peuvent donc se réapproprier l’ensemble du processus de fabrication pour construire leur film. Et le rendu esthétique est étonnant selon Nicolas Rey : « Les images sortent des normes habituelles. Elles sont peut-être imparfaites sur le plan technique, mais ces imperfections les rendent aussi plus poétiques. » A titre d’exemple, certains ont volontairement teinté leur film. D’autres ont utilisé des pinceaux pour étaler l’émulsion (couche sensible à la lumière qui recouvre les pellicules). Une esthétique à l’opposé des canons formatés de l’industrie.

Julien Moschetti

FILM NOT DEAD ! Projection le 1er novembre à l’étoile, à 20h30. Tarif : 3 euros

Publié dans Regards, le journal de La Courneuve, le 30 octobre 2014.

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