« Ouvrir le champ des possibles »

Le cinéma de La Courneuve, L’Étoile, accueillait deux festivals dédiés au jeune public, du 28 janvier au 13 février : Ciné junior s’adresse aux enfants de 2 à 15 ans. Festi’Canailles est destiné aux tout-petits (2 à 7 ans).

« Jusqu’en 1991, Disney avait le monopole des films jeune public dans les salles françaises. Le festival Ciné Junior est né de la volonté de faire découvrir des films de qualité aux enfants en dehors des grosses productions. » Directrice du festival Ciné Junior, Camille Maréchal est restée fidèle à l’esprit des membres fondateurs : susciter l’éveil artistique du jeune public en diffusant des films de qualité (courts et longs métrages inédits, films de répertoire, documentaires…).

Implanté principalement dans le Val-de-Marne, le festival Ciné Junior est partenaire de l’Étoile pour la deuxième année consécutive dans le cadre de sa programmation hors-les-murs. Au menu de cette 25ème édition à La Courneuve, trois après-midi « court-métrages  pour aiguiser l’esprit critique des enfants. « Le cinéma est une ouverture au monde, à l’ailleurs, à l’altérité, soutient Camille Maréchal. Il permet aux jeunes de construire leurs représentations et leur propre vision du monde. »

Le court-métrage Fear of Flying a été diffusé dans le cadre du festival Ciné Junior.

Le court-métrage Fear of Flying a été diffusé dans le cadre du festival Ciné Junior.

Même son de cloche du côté de Maddly, bénévole de Festi’Canailles qui présentera deux films (Cendrillon et Le serpent d’argent) les 11 et 12 février prochains : « Nous programmons des films de qualité pour donner aux enfants des clefs de compréhension sur le monde, ouvrir le champ des possibles, stimuler leur imaginaire. » Contrairement au festival Ciné Junior qui s’adresse aux 2/15 ans, Festi’Canailles vise en priorité les touts petits (2 à 7 ans). « En dessous de 7 ans, les enfants sont de véritables éponges, assure Maddly. C’est le moment idéal pour les faire voyager dans un ailleurs. Les « guettos mentaux » ne sont pax encore présents. En grandissant, les habitudes se mettent en place, certaines portes se ferment, on a des idées arrêtées, on rentre dans des carcans. »

Camille Maréchal, qui programme des films pour des enfants plus âgés, est du même avis : « A partir de 7/8 ans, on s’oriente vers des films plus narratifs. Les tout petits sont nettement plus réceptifs. Nous attachons autant d’importance à la qualité plastique des films qu’à la narration. Le cinéma ne se contente pas de faire réfléchir les enfants, c’est également une ouverture au monde sensoriel, notamment chez les plus petits. » L’échappée belle qui passe par une programmation pluridisciplinaire pour Festi’Canailles qui s’efforce de fusionner les disciplines artistiques. A titre d’exemple, la projection de Cendrillon sera précédée d’un spectacle qui mélangera les genres : conte, théâtre, danse et musique. Puisque, selon Maddly, l’essentiel est de « mettre l’accent sur l’émotionnel, au delà des étiquettes artistiques ».

Julien Moschetti

Publié dans Regards, le journal de La Courneuve, Le 22 janvier 2015.

 

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