10 choses que vous ne saviez peut-être pas sur David Bowie

Retour sur l’exposition « David Bowie Is » à la Philharmonie de Paris. Pour découvrir ou redécouvrir 10 aspects méconnus de la vie de l’artiste.

1) Le fameux éclair striant sur le visage de Bowie sur l’album Aladdin Sane était le symbole d’un personnage perturbé touché par le génie artistique.

2) « Je suis gay et je l’ai toujours été ». Ce genre de déclaration tapageuse faisait partie de la manière dont David Bowie jouait avec son image publique. Il défiait ainsi une société coupable de cataloguer les gens en fonction de leur orientation sexuelle.

3) Sorti sur Hunky Dory? le 4ème album de Bowie en 1971, la chanson « Oh ! You pretty thing » fait référence à un homosexuel supérieur, une future race dominante potentielle. Ici l’avant n’est pas une Arcadie sociale et technologique, mais un monde plus sombre. Derrière un ton guilleret, le morceau dissimule des préoccupations probablement influencées par un vaste spectre de lectures, à l’image de l’écrivain Aleister Crowley.

4) A William Burroughs qui l’interrogea sur sa manière de travailler en groupe dans une interview pour le magazine Rolling Stone en 1974, Bowie répondit : « J’ai besoin de tout contrôler. Je ne laisse personne prendre de décision à ma place, car je m’estime être le plus apte à servir mon travail ».

5) L’artiste Peter Schmidt avait crée en 1970 « The Thoughts Behind the Thoughts », une boîte de 55 cartes contenant autant de directives destinées à repousser les limites de la création. Brian Eno s’en inspire en 1977 pour inventer le jeu des « cartes obliques » qu’il utilisera pour enregistrer son propre album Before & After Science. Il offrira ensuite le jeu de cartes à David Bowie qui s’en servira à son tour.

6) La rencontre de l’écrivain Christopher Isherwood, l’auteur d’Adieu à Berlin (adapté au cinéma sous le nom de Cabaret), a sans doute joué un rôle dans l’installation de Bowie à Berlin en 1976.  Les six récits de l’ouvrage dépeignent les événements qui accompagnent la montée du nazisme en Allemagne à travers une série de personnages. Isherwood capte magnifiquement le Berlin du début des années trente : le charme de ses avenues et de ses cafés,  le grotesque de sa vie nocturne, ses vices et ses intrigues, la puissance de ses gangs.

7) Quand Bowie débarque à Berlin, sa collaboration avec Brian Eno (albums « Low « et « Heroes ») préfigure la musique ambient. Outre l’utilisation massive de synthétiseurs, ces albums doivent beaucoup aux expérimentations en studio.

8) Bowie peint en 1977 le portrait de Yukio Mishima, l’auteur de « Le marin rejeté par la mer », l’un de ses livres de chevet. L’histoire ? Noboru Kuroda, 13 ans  découvre un soir que sa mère a une aventure avec un officier de la marine marchande. Il décide de le punir en lui faisant absorber un thé drogué. Mishima met ainsi en évidence ce que la sauvagerie spontanée des adolescents doit à l’idéalisation de la force et du sacrifice de soi.

9) Onze ans après Space Oddity, le Major Tom, l’astronaute maudit, apparaît en héroïnomane sur « Ashes to Ashes » en 1980 : « We know Major Tom’s a junkie / Strung out in Heaven’s high, his highHitting an all-time low » (« Nous savons que Major Tom est un junkie / Déchiré dans les hauteurs du Paradis, éternellement en manque. »). La chanson évoque la désillusion et le désenchantement consécutifs aux rêves qu’avaient fait naître la conquête spatiale des années 1960.

10) A l’occasion du centenaire de la Grande Guerre en 2014, Bowie dévoile l’inédit : « Tis a Pity She Was a Whore« , un morceau inspiré de la pièce éponyme écrite par John Ford au XVIIe siècle. Une chanson aux interprétations multiples, comme de nombreux textes de l’artiste. Bowie a en effet souvent eu recours à divers procédés stylistiques pour brouiller les pistes : mystère, ambiguïté, mystification, fragmentation, ellipse….

 

Julien Moschetti, le 2 mai 2015.

Pour continuer la lecture :

http://www.challenges.fr/media/20150327.CHA4365/quand-le-plus-rock-des-patrons-francais-raconte-david-bowie.html

http://www.slate.fr/story/69035/bowie-trilogie-berlinoise-the-next-day

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