Ça plane pour les pigeons

Depuis 1925, l’Éclair, le club courneuvien de colombophilie, élève des pigeons voyageurs. Zoom sur un sport insolite et peu connu du grand public.

Vous aimez les oiseaux ? Vous avez un bon sens de l’observation ? Vous vous sentez l’âme d’un entraîneur ? Si vous avez répondu par l’affirmative à ces trois questions, vous avez le profil pour devenir un bon colombophile. Il ne suffit pas en effet d’être passionné  pour élever des pigeons voyageurs, il faut aussi « avoir le sens du management pour inscrire les pigeons dans les bonnes catégories lors des compétitions : vitesse, demi-fond et fond », précise Olivier Duchêne, le président de l’Éclair. Les colombophiles doivent gérer de A à Z une équipe de « sportifs » de haut niveau, mais aussi aimer soigner les animaux ».

Des pigeons sportifs de haut niveau ? La formule d’Olivier Duchêne pourrait paraître un brin excessif. Pourtant, à y regarder de plus près, force est de constater que la vie de ces volatiles ressemble à s’y méprendre à nos héros des temps modernes. Ballotés dès leur plus jeune âge dans les paniers de transport utilisés lors des concours, ces sportifs en herbe démarrent par des sorties aériennes de 1 à 5 km. Avec un peu d’entraînement, ils franchissent la barre des 50 km, avant de participer aux concours qui oscillent entre 300 et 1000 km. La vitesse de vol varie de 60 à 110 km/h, avec des pointes à plus de 120 ! En général, les pigeons, font de la compétition une dizaine d’années, soit la moitié de leur espérance de vie en moyenne.

Photo : P.Dacasa

Photo : P.Dacasa

En ce qui concerne le déroulement des compétitions, tout d’abord, il faut savoir que ces volatiles sont capables de regagner sans encombre leur colombier, grâce à un extraordinaire sens de l’orientation. Transportés sur le lieu du départ dans de grands paniers, l’épreuve consiste à rejoindre le plus rapidement possible leur colombier. Le classement final tient compte de la vitesse moyenne des oiseaux durant la course. Les bagues électroniques fixées sur leurs pattes enregistrent leur parcours avec précision. « Mais ce n’est pas tout à fait un sport équitable, précise Olivier Duchêne. On ne tient pas compte des différences de distances parcourues entre les pigeons. Le vent ne rentre pas non plus en ligne compte. »

Qu’importe, pour le président de l’Éclair, l’important est ailleurs : « J’adore être à leur contact pendant l’élevage, j’adore aussi les lâcher lors des compétitions, les observer voler au départ et à l’arrivée, notamment la position de leurs ailes lors de l’atterrissage. C’est tellement spectaculaire ! » Mais ce qui plaît le plus au président, c’est « l’adrénaline qui monte lorsque j’attends leur arrivée. On essaye d’estimer leur horaire de passage, mais il y a toujours une part de mystère. » Un mystère qui prend une dimension quasi-mystique lorsqu’on sait que ces oiseaux sont capables de retrouver leur pigeonnier grâce à leur boussole intérieure, sans la moindre indication.

Julien Moschetti

Publié dans Regards, le journal de la Courneuve, le 30 septembre 2015

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