Balade cinématographique

Une ciné-balade nocturne du réalisateur Benoît Labourdette, à La Courneuve  aura lieu le 31 octobre. Un atelier préparatoire offre l’occasion de réfléchir au sens des images et de se réapproprier le territoire.

Le concept a déjà été expérimenté au festival d’Avignon et à la Maison des métallos. Imaginées par le réalisateur Benoît Labourdette, les ciné-balades nocturnes sont des parcours itinérants ponctués de projections de courts métrages. Les murs, les portes, les fenêtres, les trottoirs du centre-ville se transforment tour à tour en écrans de cinéma à la tombée de la nuit grâce à l’utilisation d’un vidéo projecteur portatif dernier-cri : le pico-projecteur.

Cette performance atypique nécessite un travail de préparation en amont avec le cinéaste. Les Courneuviens sont invités à choisir au préalable les courts métrages et les lieux de projection dans le cadre des ateliers de programmation gratuits qui auront lieu au cinéma l’Étoile du 27 au 31 octobre . Ils sont ouverts à tous les passionnés du grand écran à partir de 11 ans. « Il s’agit de construire un dialogue entre les films et les lieux de diffusion pour insuffler de la poésie et de la magie dans les espaces de notre quotidien », résume Benoît Labourdette.

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Parcours nocturne à la Maison des métallos

Le travail de réflexion devrait aussi permettre aux apprentis cinéastes de modifier leur regard sur la ville. « Lorsqu’on choisit un morceau de mur pour y projeter un film, on modifie la réalité d’un territoire pour se le réapproprier, affirme le réalisateur. Ces interventions modifient l’imaginaire des programmateurs et des spectateurs. Cela redonne de la valeur à des endroits qui nous semblaient banals. » L’atelier va permettre, enfin, de prendre conscience de la responsabilité artistique et politique d’un réalisateur.

« La finalité d’un film, c’est d’être diffusé. Quand on choisit un film, c’est un peu comme si on l’avait réalisé », plaide Benoît Labourdette qui se souvient d’un sexagénaire qui avait choisi un court-métrage des années 1960 lors d’un atelier à la Maison des métallos : « Il a projeté le film lui-même. Il a partagé sa mémoire et sa sensibilité, il a rendu public quelque chose de très intime. C’est aussi cela « faire société » : donner de la valeur aux images durant un moment de rencontre avec le public. »

Julien Moschetti

Publié dans Regards, le journal de La Courneuve, le 15 octobre 2015.

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