Frères de balle

Edvin et Iris Halilovic, frère et sœur, semblent promis à un bel avenir sur les courts. Portrait croisé.

À ma gauche : Iris, tout juste 15 ans, classée 3/6, victorieuse des tournois de Drancy et du Bourget, finaliste à Bezons dans la catégorie… seniors ! À ma droite : Edvin, 12 ans, déjà 15/1, champion de la ligue de Seine-Saint-Denis en 2013, finaliste du tournoi de Stains dans la catégorie 13-14 ans. Les trophées s’accumulent dans les chambres des deux jeunes Dionysiens qui ont rejoint le Tennis club courneuvien (TCC) il y a trois ans, après avoir fait leurs débuts au Sdus (Saint-Denis union sports). Sur les courts depuis l’âge de 5 ans, Edvin est repéré par la ligue trois années plus tard : « Il a été le premier à percer, se souvient son père Suljo. Il participait à des tournois nationaux, ramenait des coupes à la maison. Cela a poussé Iris à progresser. Aujourd’hui, c’est l’inverse, Iris est la mieux classée. »

Adepte de la balle jaune depuis l’âge de 6 ans, l’aînée de la fratrie Halilovic a connu une courbe de progression impressionnante. De 15/1 à 3/6 en l’espace de deux ans. De quoi galvaniser son frère qui espère terminer la saison 5/6. Iris espère de son côté entrer dans le top français, voire embrasser une carrière professionnelle. L’adolescente sait qu’elle devra mettre les bouchées doubles pour en arriver là. D’autant plus que, comparée à ses rivales de sport-études qui tapent la balle entre 12 et 16 heures par semaine, elle doit terminer ses devoirs après sa journée de cours pour pouvoir s’entraîner. Une course contre la montre quotidienne qui s’est accélérée cette année puisqu’elle vient d’entrer en seconde.

Yann MAMBERT - Edvin & Iris Halilovic - 27.01 (20)

Photo : Yann Mambert. Tous droits réservés.

Mais il en faut plus pour inquiéter notre championne qui compense en « s’entraînant à fond trois fois par semaine ». La jeune championne bénéficie également d’un partenaire idéal pour s’entraîner : son frère. « Il n’y a pas une énorme différence de niveau entre nous, on progresse donc tous les deux au même rythme », se félicite Iris qui savoure un autre privilège : « Edvin accepte de travailler dans tous les compartiments du jeu, ce n’est pas le cas des autres joueurs. »

Autre avantage de taille, les jeux complémentaires des frangins. Les frappes lourdes en fond de court d’Iris permettent à son frère d’affronter « un adversaire qui joue fort et à plat, contrairement aux garçons qui jouent plus liftés ». Quand au lift et au jeu d’attaquant d’Edvin, il pousse Iris à « travailler sa défense ».

Cet échange de bons procédés permet aux deux champions de rivaliser avec leurs adversaires inscrits en sport études. « Edvin gagne facilement contre les garçons de son âge, observe Suljo. Iris les accroche régulièrement. Mais elle a plus de marge de progression car elle s’entraîne moins. » Des performances encourageantes qui font dire à Suljo qu’il a fait le bon choix : « Iris et Edvin ont une vie normale. Ils ont le temps de sortir avec leurs amis. Ils ont trouvé un juste équilibre entre le sport, l’école et leur vie privée. Et puis, s’ils ne percent pas dans le tennis, il y a aura toujours l’école derrière. » 

Julien Moschetti

Publié dans le JSD, le journal de Saint-Denis, le 2 février 2016.

Catégories : Portrait

Laisser un commentaire