Le tourisme repart à Saint-Denis

Plus de cinq mois après les attentats, la fréquentation des lieux culturels dionysiens repart à la hausse après une fin d’année 2015 morose.

C’est un secret de Polichinelle : le tourisme culturel a subi de plein fouet les attentats de janvier et novembre de l’année dernière. La fréquentation des musées et monuments franciliens a chuté d’environ 5 % en 2015 : – 11,3 % au Centre Pompidou, – 6 % au Musée du Louvre, – 4 % au château de Versailles… Une baisse qui n’a pas épargné les établissements culturels de Saint-Denis en 2015 : – 12 % d’entrées pour la basilique, – 25 % pour le musée d’art et d’histoire… Seul le Stade de France a tiré son épingle du jeu avec une hausse de 1,6 % du nombre de visites guidées en 2015.

Les chiffres de 2016 laissent apparaître une reprise progressive. Après une baisse logique de la fréquentation en décembre 2015 (- 24 % par rapport à 2014), la basilique attire de nouveau les touristes si l’on compare les chiffres à la même période l’année précédente : + 17,5 % en janvier 2016, +39,7 % en février 2016, + 14 % en mars 2016… La courbe est similaire pour le musée d’art et d’histoire : – 38 % en décembre 2015, + 3,4 % en janvier 2016, + 41,3 % en février 2016, + 11% en mars 2016… Une tendance à la hausse qu’il convient de nuancer légèrement puisque la fréquentation des lieux culturels a été également impactée par les attentats de Charlie Hebdo début 2015.

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Basilique de Saint-Denis. Photo : Sharat Ganapati

Du côté de l’Office de tourisme de Plaine Commune, le directeur général Régis Cocault se félicite de ces « chiffres positifs »qui montrent que « Saint-Denis est redevenue attractive pour les touristes.Après une grosse vague d’annulation après les attentats, les réservations des groupes augmentent à nouveau. Les hôtels me confirment aussi cette reprise : + 22 % de réservations pour le 1er trimestre 2016 (il s’agit d’une estimation, ndlr). La confiance est en train de revenir, les gens sont passés à autre chose. » 

Et de regarder le futur avec optimisme. L’Euro 2016 va par exemple « donner un coup de projecteur à la ville et créer une dynamique positive sur le territoire ».  Autre événement d’envergure qui devrait faire converger tous les regards vers Saint-Denis dès juin prochain : l’inauguration de « l’avenue du street art » sur 5 km le long du canal de Saint-Denis, entre la Porte de la Villette et le Stade de France. « Cela va permettre de montrer la créativité des artistes du territoire. Paris a le Louvre et la Tour Eiffel, nous avons autre chose à proposer : une culture créative contemporaine insolite et insolente qui participe à modifier l’image de ville-musée de Paris. La capitale a en effet besoin du 93 pour se promouvoir à l’international et concurrencer des villes réputées pour leur créativité: Berlin, Barcelone, Madrid… »

Une tendance qui devrait se renforcer à l’avenir en raison de la saturation du marché parisien : « Les hôtels de la capitale sont surchargés, les gens réservent de plus en plus de l’autre côté du périphérique, observe Régis Cocault. Les territoires d’investissement se situent également en dehors de Paris, principalement dans le nord où il y a encore des espaces. L’implantation du village olympique à Saint-Denis/Pleyel dans le cadre de la candidature de Paris aux JO 2024 est assez révélatrice de cette tendance. L’épicentre du tourisme en Île-de-France est en train d’évoluer vers le nord. » Vu sous cet angle, le tourisme culturel à Saint-Denis semble avoir de beaux jours devant lui.

Julien Moschetti

Publié dans le JSD, le journal de Saint-Denis, le 22 avril 2016.

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