Création d’entreprise : de l’idée à la concrétisation

Crise et chômage poussent les Français à inventer leur propre emploi et l’apparition du statut d’auto-entrepreneur le facilite. Pour les Dionysiens, il existe un maillage solide sur le territoire pour les aider dans leur volonté d’entreprendre. De nombreuses structures d’aide à la création d’entreprise accompagnent les porteurs de projets et les dirigeants sur le territoire. Tour d’horizon non exhaustif pour y voir plus clair.

Vous avez un projet d’entreprise mais vous ne savez pas à quelle porte frapper ? Commencez par appeler le numéro unique de la création d’entreprise (0 811 562 563), conseille Jean-Michel Baude, chargé de mission relation entreprises de Plaine Commune. « L’entrepreneur bénéficie d’un diagnostic et d’une prise de rendez-vous avec une structure adaptée à ses besoins. Le dispositif d’amorçage CitésLab permet par exemple de transformer votre idée en projet. Si le projet est plus avancé, on l’orientera plutôt vers la Miel (Maison de l’initiative économique locale). » Dédiée aux porteurs de projets et aux dirigeants issus du territoire ou souhaitant s’y installer, l’association propose en effet diagnostic, accompagnement au montage, suivi, cycles de formation… L’un des points forts de la Miel ? « La mise en relation gratuite avec des experts en amont de la création d’entreprise (avocats, experts-comptables…), ce qui n’existe nulle part ailleurs sur le territoire. Il suffit ensuite de payer une cotisation dérisoire (40 euros pour les créateurs et 100 euros pour les dirigeants, ndlr.) pour bénéficier d’un nombre illimité de rendez-vous. »

Étude de marché, business plan, banque…

En dehors de la Miel, de nombreuses structures interviennent dans la phase de montage du projet : CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie), Chambre de Métiers et de l’Artisanat, sans oublier Créajeunes, le parcours de formation gratuit de l’Adie pour les jeunes de 18 à 32 ans. À titre d’exemple, la CCI propose des ateliers « étude de marché » ou « business plan », mais aussi le « Stage 5 jours pour entreprendre » (250 euros HT) pour offrir les bases de la gestion aux porteurs de projets : étude de marché, stratégie commerciale, financement, formes juridiques… « Cela donne aux entrepreneurs une idée globale de ce qu’ils vont devoir mettre en œuvre le jour où ils lanceront leur entreprise et cela participe à les rassurer », précise Sophie Potel, responsable du département entrepreneuriat de la CCI Seine-Saint-Denis.Une fois la phase du montage terminée, vient l’étape du financement du projet. Plusieurs opérateurs du territoire sont spécialisés dans ce domaine : l’Adie, France active, Initiative Plaine Commune… « L’entrepreneur a déjà fait une étude de marché et un business plan lorsqu’il vient nous voir, explique Rudy Deblaine, délégué général d’Initiative Île-de-France. Nous lui apportons une expertise financière, juridique et administrative et on retravaille éventuellement le business plan.

Atelier de prospection commerciale organisé à la Maison de l’initiative économique locale (Miel), à l’Espace Bel-Air. Photo : Yann Mambert. Droits réservés.

Atelier de prospection commerciale organisé à la Maison de l’initiative économique locale (Miel), à l’Espace Bel-Air. Photo : Yann Mambert. Droits réservés.

L’entrepreneur passe ensuite devant un comité d’experts composé de chefs d’entreprise, d’experts-comptables ou d’avocats… Leur avis positif ou négatif sur le projet conditionnera l’accord du prêt d’honneur à taux zéro. » Selon Rudy Deblaine, « les banques ont la réputation de ne pas financer les projets, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Elles financent quand ceux-ci bénéficient d’un accompagnement et d’un apport personnel suffisant. Nous complétons les fonds propres de l’entrepreneur avec des prêts d’honneur. C’est un gage de crédibilité pour les banques et cela fait levier sur les prêts bancaires. » Le réseau France active va plus loin en proposant non seulement des prêts d’honneur, mais aussi des garanties bancaires pour faciliter l’accès aux crédits. « Nous garantissons l’emprunt à hauteur de 65 %, précise Hanan Miloudi, directrice de Garances Seine-Saint-Denis Active, affilié au réseau France active. C’est un peu comme si on disait à la banque : “vous prenez peu de risques à prêter puisque nous garantissons l’emprunt”. Notre métier n’est pas de se substituer aux banques mais de leur permettre d’accorder des prêts. » Vient alors la dernière phase de l’accompagnement : le suivi post-création. Une étape cruciale pour la pérennité de l’entreprise sur laquelle le réseau Initiative France semble avoir quelques longueurs d’avance. Grâce notamment à son système de parrainage et son « Club des Dirigeants » qui permettent au nouvel entrepreneur de côtoyer d’autres chefs d’entreprise. « Un créateur d’entreprise a parfois un peu trop la tête dans le guidon, on le met en relation avec des chefs d’entreprise qui partagent les mêmes problématiques que lui, précise Rudy Deblaine. C’est ce qui fait souvent la différence. »

Julien Moschetti

Adresses utiles : www.lamiel.org ; www.cci93.fr ; www.cma93.fr ; www.citeslab.fr ;  www.initiative-plainecommune.fr ;  www.franceactive.org ; www.adie.org/ ; www.planetadam.org

Publié dans le JSD, le journal de Saint-Denis, le 18 mai 2016

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