Le couperet s’abat sur Hong Kong

De Pékin à Hong Kong, l’impitoyable couperet de la répression n’en finit plus de s’abattre sur les dissidents. Trois jeunes leaders hongkongais du mouvement pro-démocratique ont été condamnés en août à des peines de six à huit mois de prison. Joshua Wong, Alex Chow et Nathan Law sont coupables d’avoir participé à un rassemblement jugé illégal en septembre 2014. Des manifestations pacifiques qui ont donné naissance au « mouvement des parapluies » en faveur de la démocratie. Deux mois durant, des centaines de milliers de Hongkongais ont paralysé la mégapole pour réclamer l’instauration d’un véritable suffrage universel. Pékin avait en effet proposé de présélectionner les candidats aux élections de 2017.

Selon l’accord sino-britannique sur la rétrocession, Hong Kong est pourtant censée jouir jusqu’en 2047 de libertés inconnues ailleurs en Chine continentale. Mais Pékin semble vouloir mettre fin au principe « Un pays, deux systèmes ». Les médias d’état chinois ont, dès 2014, qualifié les manifestants pacifiques du « mouvement des parapluies » de « traîtres » et de « fauteurs de troubles » qui doivent être « complètement éliminés ».

Joshua Wong. Photo : Prachatai

La condamnation des trois dissidents hongkongais confirme donc la mainmise croissante de Pékin sur l’ancienne colonie britannique. Ces peines ressemblent d’ailleurs étrangement à celles prononcées en Chine continentale où six personnes ont été condamnées à des peines d’emprisonnement pour avoir soutenu les manifestations à Hong Kong.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président chinois Xi Jinping fin 2012, la pression sur la société civile s’accentue en Chine. Le gouvernement a lancé mi-2015 une vague de répression sans précédent contre 248 défenseurs des droits humains, selon le dernier rapport annuel d’Amnesty. Depuis le décès du dissident chinois et prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, après des années d’incarcération, son épouse, la poétesse Liu Xia, est gardée au secret par les autorités chinoises.

Mais ces tentatives d’intimidation ne suffiront pas à juguler le développement d’une conscience politique en Chine et à Hongkong. Selon Maya Wang de Human Rights Watch : « ce génie est désormais hors de la bouteille, et personne ne peut plus l’enfermer ».

Julien Moschetti

Pas de sursis pour la peine de mort :

Un étudiant du Sichuan, Teng Fei, a été condamné début septembre à la peine capitale avec deux ans de sursis pour
homicide volontaire. C’est le dernier nom d’une longue liste de condamnés à morts en Chine. Malgré lesengagements des autorités en faveur d’une meilleure transparence, le pays maintient le plus grand secret autour du nombre d’exécutions. Or, des milliers de personnes sont exécutées et condamnées à mort chaque année en Chine, selon une
enquête récente d’Amnesty, qui se refuse à donner un chiffre précis, faute de sources des autorités chinoises.

Publié dans La Chronique d’Amnesty International en octobre 2017.

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