Des ostéos à l’hosto

La clinique d’ostéopathie À Mains Nues intervient à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis pour optimiser la prise en charge des patients hospitalisés. Reportage.

«Je suis soulagée au niveau des épaules, des cervicales et des trapèzes. Mes douleurs ont en partie disparu.» Traits du visage relâchés, Katia arbore un grand sourire à l’issue de la séance d’ostéopathie. Hospitalisée à Delafontaine suite à une opération de la vésicule biliaire, la jeune femme de 39 ans attendait avec impatience la venue des ostéopathes du CEESO Paris (Centre européen d’enseignement supérieur de l’ostéopathie). En ligne de mire : la perspective de réduire ses douleurs, mais aussi la dose de médicaments prescrits (1) : « Je serais la plus heureuse si je pouvais être soignée avec moins de médicaments. Car se gaver de médocs, ce n’est pas bon pour la santé… »

Comme Katia, une dizaine de patients de l’hôpital bénéficie tous les quinze jours des soins des étudiants du CEESO Paris. Situé à proximité du métro Carrefour Pleyel, le centre de formation propose des consultations d’ostéopathie à tarif préférentiel (2), que cela soit au sein de la clinique À Mains Nues ou à l’extérieur (lire ci-contre). Les consultations sont effectuées par les étudiants en fin de cursus (4e et 5e années) encadrés par des ostéopathes professionnels. Une formule qui leur permet de se professionnaliser puisqu’ils effectuent plus de 180 consultations durant leur scolarité.

 

Photo : Yann Mambert. Droits réservés.

Pour la 2e année consécutive, À Mains Nues intervient au sein du service de soins palliatifs de l’hôpital Delafontaine afin d’optimiser la prise en charge des patients hospitalisés. «On ne soigne pas directement les pathologies mais on intervient en complément pour améliorer le confort des patients et soulager les douleurs qui sont en lien avec les pathologies, les immobilisations ou les traitements médicaux, précise l’ostéopathe d’À Mains Nues, Maud Constant. La diminution des douleurs entraîne un mieux-être. Or, un patient qui se sent mieux guérira plus vite.»

Les patients concernés sont atteints de douleurs chroniques ou d’effets secondaires dus aux traitements et aux interventions chirurgicales. Les ostéopathes interviennent également en parallèle des chimiothérapies. «80% des malades du cancer utilisent des médecines alternatives», précise Isabelle Marin, responsable de l’équipe mobile de soins palliatifs à Delafontaine.

« Un recul des douleurs chroniques»

La pneumologue est à l’origine du dispositif Centre AION qui propose de soigner avec des méthodes dites « douces » : séances d’ostéopathie, d’acupuncture, de sophrologie, de musicothérapie… Et les résultats sont à la hauteur des espérances, notamment pour les soins ostéopathiques : «On a observé une baisse des douleurs articulaires et on a découvert l’importance de l’ostéopathie dans le traitement des cancers ORL (trachéotomies, laryngectomies…). On améliore énormément les symptômes: baisse des contractures, amélioration de la voix…»

Le médecin a également constaté «un recul des douleurs chroniques». Or, «pour ces malades, le plus important, c’est d’apprendre à vivre avec l’inconfort et les difficultés. Quand ils arrivent à bouger normalement, les douleurs diminuent.» Mais est-ce que les bienfaits de ces méthodes alternatives constatées sur le terrain sont prouvés scientifiquement ? «Les douleurs sont très subjectives, tout dépend de la relation du patient avec son ostéopathe,souligne Isabelle Marin. Mais, en général, les gens redemandent des soins. Et si les gens en redemandent, c’est que ça leur fait du bien!» CQFD.

Julien Moschetti

(1) Substitut de morphine, paracétamol… (2) 25euros la consultation sans abonnement,
15euros avec l’abonnement annuel.

Les cliniques externalisées

En dehors de Delafontaine, les ostéopathes du CEESO Paris se déplacent sur le lieu de travail d’entreprises partenaires (La Poste, Endemol, Bolloré Logistiques, Engie Cofely…) « Nous intervenons sur le même modèle dans la prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) pour favoriser le bien-être des salariés, précise Céline Rozé, responsable de la clinique À Mains Nues et coordinatrice pédagogique du CEESO Paris. Les mouvements répétés et les postures maintenues trop longtemps sur le lieu de travail peuvent générer des TMS qui sont à l’origine de nombreux arrêts de travail. » Des interventions « hors des murs » qui ne sont pas l’apanage des entreprises puisque les praticiens du CEESO interviennent par exemple à la Péniche du Cœur (centre d’hébergement d’urgence) pour prodiguer des soins à des SDF.

JM 

Publié dans le journal de Saint-Denis (JSD) le 8 février 2018.

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